Economie

Exonération de la TFH : les lieux de culte sommés de s’identifier avant le 2 avril 2026

Le gouvernement gabonais resserre l’encadrement du secteur religieux. Dans un communiqué publié le 27 mars 2026, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation a fixé au 2 avril prochain la date limite pour l’identification des lieux de culte souhaitant bénéficier de l’exonération de la Taxe forfaitaire d’habitation (TFH).

Cette mesure s’adresse à l’ensemble des organisations religieuses, sans distinction de confession. Elle découle des dispositions introduites par la loi de finances 2026, notamment son article 377, et s’inscrit dans une orientation impulsée au sommet de l’État visant à mieux structurer le paysage cultuel.

Une formalité devenue incontournable

Désormais, l’accès à l’exonération fiscale est strictement conditionné à une démarche administrative préalable. Les responsables d’églises, de mosquées et autres structures assimilées sont tenus de se faire enregistrer auprès des autorités compétentes.À Libreville, cette opération est pilotée par la Direction générale des Élections et des Libertés publiques (DGELP). Dans les autres provinces, elle est assurée par les services déconcentrés de l’État, notamment les gouvernorats, préfectures et sous-préfectures.

Pour valider leur dossier, les responsables religieux doivent fournir une copie du récépissé définitif attestant de l’existence légale de leur organisation, ainsi qu’une facture d’électricité établie au nom de celle-ci. Des pièces jugées essentielles pour authentifier l’activité et la localisation des lieux de culte.

Entre avantage fiscal et exigence de transparence

Si l’exonération de la TFH constitue un geste fiscal en faveur des organisations religieuses, l’initiative répond à une logique plus large. L’État entend, à travers ce processus, établir un recensement fiable des structures cultuelles opérant sur le territoire.

L’objectif est double : reconnaître le rôle social des institutions religieuses tout en renforçant leur encadrement administratif. En toile de fond, les autorités cherchent à mieux maîtriser l’occupation des espaces, à lutter contre les implantations informelles et à disposer d’outils de suivi plus efficaces.

Ce choix traduit également une évolution dans l’approche fiscale. Plutôt que de privilégier la perception d’une taxe jugée secondaire, le gouvernement mise sur la structuration et la traçabilité des acteurs, considérées comme des leviers de gouvernance.

À quelques jours de la date butoir, cette opération prend des allures de test grandeur nature. Les organisations qui ne se conformeront pas à cette exigence s’exposent à perdre le bénéfice de l’exonération, voire à se retrouver en marge du cadre légal.

Au-delà de l’aspect fiscal, cette démarche marque une volonté claire : celle de sortir le secteur religieux d’une zone grise administrative pour l’inscrire dans un environnement réglementaire plus rigoureux. Reste à savoir si les acteurs concernés répondront massivement à cet appel, dans un délai aussi resserré.

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